Lettre n°37 : Changement de décor


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Alors que, dans beaucoup de domaines et régions dans le monde, la situation semblait figée ou promise à de sombres perspectives, comme, notamment, dans la Zone euro que l’on pouvait penser condamnée à la déflation, des évènements sont survenus qui changent la donne.

En premier lieu, dans la Zone euro et, au-delà, l’Union européenne dans son ensemble. Premier évènement : la décision de Mario Draghi de procéder à un achat massif de titres publics sur le marché secondaire : le « bazooka » ! Deuxième évènement : le triomphe de Syriza en Grèce qui devrait amorcer, après quelques combats d’arrière-garde, la fin de la politique d’austérité telle qu’elle a été menée (ce que, au demeurant, avaient déjà compris les pays de l’Europe centrale). Troisième évènement : le soutien populaire donné par les espagnols à Podemos qui laisse présager un changement de majorité et de politique économique en Espagne, de nature à mettre fin aux chants de victoire en trompe l’œil de l’actuel pouvoir. Gardons donc l’espoir !

En second lieu, au-delà de la polémique sur le « droit à blasphémer », « Charlie ». Ce fut un moment extraordinaire de « fusion » nationale qui laisse espérer que notre pays mette fin à ses divisions et ses chicaneries. Essai encore à transformer !

En troisième lieu, l’Ukraine, abcès douloureux, d’abord pour le pays lui-même entièrement déchiré, mais qui, comme l’a si bien dit Mikhaïl Gorbatchev, sorti de son silence, réanime la « Guerre Froide » et peut conduire à la guerre tout court. Le lecteur pourra bénéficier, à cet égard, d’une analyse très équilibrée et pertinente de Andrei Gratchev qui fut son collaborateur et son porte-parole. Comment ne pas se désoler de voir par quelle aberration on a ouvert cette boîte de Pandore que constitue un pays rendu aussi complexe par les vicissitudes de l’Histoire ? Comment ne pas dénoncer une méthode des « sanctions » aussi humiliante qu’inefficace ? Là encore espérons que le bon sens, conduisant à un vrai dialogue entre les protagonistes finira par triompher avant qu’il ne soit trop tard. Ne retombons pas dans les travers qui ont conduit aux désastres accompagnant le démantèlement de l’ex-Yougoslavie.

Enfin, n’oublions pas le « miracle » qui se produit en Tunisie au milieu du champ de désolation que semblent constituer plusieurs scènes arabes. A cet égard, Faouzia Charfi s’est livrée à une vibrante description du combat pour protéger la jeunesse de ce pays que mènent les tenants de la modernité héritiers de Bourguiba face à la résurgence d’un islamisme virulent sous ses apparences discrètes. A cet exposé répond Guy Benedetti, membre du Cercle, dans une tribune libre.
Michel Cabirol et Jean-Pierre Pagé, coprésidents


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