Cette année 2021 marque l’an deux de la…

Cette année 2021 marque l’an deux de la pandémie Covid 19 qui touche le monde d’une empreinte particulière. Elle s’ajoute aux crises majeures qui affectent par ailleurs notre planète. La gestion de la crise sanitaire a bénéficié d’avancées inespérées venues de la science, mais a mis aussi en évi-dence les profondes iné-galités qui demeurent entre les sociétés déve-loppées et les autres. Les états d’urgences sanitaires se sont ajoutés aux états d’urgences sécuritaires, mettant en balance nos libertés pour sauver nos vies. Le ré-chauffement climatique est confirmé de toutes parts comme issu des activités humaines. Entre incendies et inondations il provoque de multiples catastrophes, lesquelles pourraient hypothéquer nos avenirs. Le temps présent (sujet de ré-flexions dans la précé-dente lettre) ne nous oriente plus vers un futur assuré radieux. Ce futur devient inquiétant, au point que certains se prennent d’espérer reve-nir à une normalité sem-blable à notre passé ré-cent. Notre planète est bien unique et les rêves de Mars ne sont sans doute qu’une illusion mor-tifère.

Le monde se révèlerait-il tel qu’à lui-même : ubiqui-taire ? A multiples faces, heureuses ou drama-tiques. La pandémie rap-pelle cette phrase de La Fontaine : ils ne mour-raient pas tous mais tous étaient frappés. Cepen-dant, le pire est-il certain ? Nous ne le pensons pas et de l’esprit de Condorcet nous pouvons garder l’espoir de pro-grès humains, entre cul-ture et nature. De ces destructions multiples, peut-il sortir des évolu-tions créatrices ? C’est ce que pensent plusieurs de nos intervenants. En-core faudrait-il savoir faire la paix et défendre les droits, ici et ailleurs. L’essor des migrations involontaires interroge nos démocraties. Beau-coup se lèvent pour les libertés et l’égalité. Mais il semble de plus en plus difficile de s’attacher à la fraternité ou plus simple-ment à la solidarité. Pour reprendre l’expression de Jérôme Fourquet, le monde se fissure en ar-chipels, offrant prises à des recompositions qui pourraient devenir dan-gereuses.

Notre Cercle continuera à organiser ses débats et ses travaux autour de ces questions qui témoi-gnent d’un monde dont nous ne savons plus très bien comment maitriser ses dérives. Au bénéfice notamment des généra-tions futures.

Bernard Wolfer
Président du Cercle Con-dorcet

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